Flnc, l'erreur stratégique




FLNC, le sigle était éloquent. L’Algérie avait été une colonie, il fallait suivre l’exemple pour se libérer du même joug français. Les patriotes devaient donc mener une lutte armée pour, eux aussi, bouter l’occupant. 
L’organisation clandestine fut l’aboutissement d’une des rares fusions dans l’histoire du nationalisme insulaire, unissant Ghjustizia Paolina et le Fronte Paesanu Corsu di Liberazione. La mode sera, plus tard, aux scissions.
La base idéologique de ce combat était le Livre vert. Le choix de la couleur n’avait rien d’écologique. Un an auparavant un autre Livre vert, aux couleurs de l’islam, avait été publié. Son auteur était Mouammar Kadhafi. Le révolutionnaire libyen s’était ouvertement inspiré d’un ouvrage d’une autre couleur, rouge cette fois-ci, écrit par Mao Zedong. Cultivés, les auteurs de la déclinaison corse ne pouvaient l’ignorer, ce fut sans doute un clin d’œil. Ils auraient pu choisir le bleu, mieux adapté à la promotion d’une île aussi belle. Mais le sous-titrage de la couverture aurait mérité, somme toute, un fond noir... « A libertà o a morte », à l’évidence, on était loin du slogan touristique.